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Laos, Sabaïdee

Laos 

 

Sabaïdee! 

 

Nous voilà donc face à cette frontière réputée pour être la plus corrompue au monde! Bien, on est prêt à l’affronter. 

On passe d’abord faire le tampon de sortie du Cambodge. Le douanier nous demande 2$ par personne qui ne sont ni plus ni moins que de la corruption. Je fais mine de ne pas bien comprendre. Il tamponne les passeports et me les tend les uns après les autres en me disant finalement que c’est gratuit pour les enfants mais ça reste 2 dollars par adulte. Je continue à faire semblant de ne rien comprendre, je prends au fur et à mesure les passeports qu’il me donne et j'en contrôle chaque timbre, il répète le tarif, sauf qu’à un moment j’ai tous les passeports en main et lui aucun dollar en poche! Bye bye! Première victoire sur leur système de corruption.

 

Nous nous rendons ensuite aux visas laotiens: 35 dollars par personne pour les suisses, le prix est clairement affiché. 

Nos passeports sont directement transmis aux douaniers par la police de l’immigration. Et même combat, sauf que là, je sens que ça ne va pas être aussi facile! Effectivement, le douanier m’informe du tarif avant de tamponner les passeports. 2 dollars par personnes, y compris les enfants. Ma réponse est on ne peut plus claire, « C’est de la corruption, je ne paie pas. » il répète encore une fois, moi aussi. Son discours change: il me propose la gratuité pour les enfants et toujours 2 dollars par adulte. Non, non, non et non. « C’est toujours de la corruption, je ne paie pas » et là, il range nos passeports dans un tiroir de son bureau me disant d’aller m’assoir. Et je dois dire que j’avais qu’une envie tant je me sentais mal (toujours pas récupéré à 100% du virus des jours passés), c’était d’aller m’assoir, mais un pic d’adrénaline m’a redonné suffisamment d’énergie pour rester debout, campée devant lui. Non, mon grand, je ne bougerai pas d’un iota! 

 

Je lui demande en boucle de me rendre nos passeports. Et je m’installe, coudes posés sur le guichet mains jointes en un seul point (je dois avouer que mes mains n’avaient qu’une envie: aller lui écraser le nez). A ce moment-là je le sens perturbé, il se lève, se rassied, se relève, revient s’assoir, cause à son collègue. Moi je ne cesse de le fixer du regard, avec un seul message qui tourne dans ma tête: RENDS-MOI-NOS-PASSEPORTS! A ce moment-là mon Joker arrive! Elissa vient voir ce qui se passe, je lui explique que le monsieur ne veut pas nous rendre nos passeports et elle se met à pleurer à chaudes larmes. Je la sers dans mes bras tout en fixant cette empoté de service, et je lui chuchote à l’oreille: « T’inquiète pas, il va nous les rendre, mais surtout, n’arrête pas de pleurer! » Et bingo, 2 minutes plus tard on repart avec nos passeports tamponnés sans avoir lâché un dollar! Et surtout, on fait bien attention à ne pas pouffer de rire devant lui.

Merci ma fille chérie! 

Nous voilà à nouveau sur nos vélos. On roule jusqu’à Ban Nakasong prendre le traversier pour Don Det, nous y passons la nuit.

Le lendemain on s’en va pour Don Khon, où nous attendons les grands-parents avec impatience. Ils arrivent enfin quelques jours plus tard! Les bras chargés de cadeaux transmis par nos proches! 

Merci Tess, Cléa, Aurélie et Laurent pour les pailles en inox! 

Merci Laure et Maxime pour vos cadeaux!

Merci Mic et Eloïse pour le relais électronique! 

Merci les grands-parents pour le CHOCOLAAAAAT et tout le reste!

Et merci Sea to Summit pour nos nouveaux matelas! Non, nous ne sommes pas sponsorisés, mais quand un service après vente est au top, on le dit tout simplement. 

On va passer ces quelques jours ici à se promener à vélo en famille sur l’île de Don Khon, admirer le coucher de soleil sur le Mékong et bien manger.

Nous allons voir les dauphins d'eau douce. Une barque nous emmène sur une petite île au milieu du Mékong. Nous pouvons nous assoir dans le sable et regarder tranquillement les dauphins chasser juste devant nous, c'est magique encore une fois, on ne s'en lasse pas. 

Lohan et moi reprenons des forces mais c’est au tour d’Elissa d’être malade

 

 

On prend le car pour Paksé avec mes parents. Comme souvent c’est un peu compliqué lorsqu’il s’agit de prendre les transports publics. Et là, on n’y échappe pas. Il y a deux cars sur la place… hé bien oui, nous avons chargés les vélos dans le mauvais car! Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir demandé au chauffeur AVANT le chargement!!! C’est donc au dernier moment que nous devons décharger et recharger. Les soutes sont déjà pleines mais on s’arrange comme on peut et on met une moitié d’un des tandems dans le couloir du car. Lao-style! Et évidemment, il y a un peu de casse à l’arrivée, comme d’hab… pas trop grave heureusement. 

Depuis Paksé, une partie de la famille (Elissa malade, je reste avec elle à l’hôtel) part en excursion à Champassak visiter le site de Vat Phou.

On va aussi voir les chutes de Tad Fan et Tad Yuang, cette fois tous ensemble, Elissa va un peu mieux. On fait le marché et on profite de la piscine de l'hôtel.

Puis vient l’heure des aurevoirs, ce n’est pas facile de voir partir les grands-parents. On est tous tristes de se séparer.

 

 

Il est temps pour nous de remonter sur nos vélos, comme nous avons été statiques plus longtemps que prévu à cause de notre état de santé un peu (très…) compliqué de ces dernières semaines, on revoit notre itinéraire. Initialement nous avions prévu d’aller au nord du Laos, puis au Vietnam et ensuite en Chine avant de rejoindre la Corée du Sud et le Japon. Mais voilà, on se rend compte qu’on ne supporte pas si bien la chaleur, surtout Lohan et moi. Nous avons aussi besoin de plus de calme, moins de circulation et moins de bruit. 

Nous décidons de faire uniquement le sud du Laos et nous retournerons en Thaïlande en direction de Bangkok prendre un avion pour … Après de longues tergiversations et changements de programme, on a hésité entre Nouvelle-Zélande et Japon… c’est finalement le Japon qui l’emporte! 

Nous terminons donc notre voyage au Laos en faisant un bout de chemin sur le plateau des Bolavens. C’est un peu rude de commencer par ce plateau après plusieurs jours sans vélo et encore un peu faible physiquement. C’est donc un tuk-tuk qui nous emmènes aux Bolavens, à Paksong, à plus de 1000m d’altitude.

Les nuits sont plus fraîches, ça fait du bien. Les journées tout aussi chaudes. 

Les petits laotiens nous saluent avec les habituels « Hellooooo! » ils sont toujours curieux de nous voir lorsqu’on s’arrête mais trop timides pour s’approcher et vont souvent se cacher pour nous observer à la dérobée. Et gentiment ils s’approchent et viennent regarder les vélos de près. 

 

Un petit stop au bord de la route pour un réglage vélo et un monsieur sort d’une maison, nous invite dans sa cabane en bambou et nous présente ses petit-enfants et sa belle-fille. Il est producteur de café et de thé, et nous offre une tasse de chaque boisson. Voilà une jolie reprise d’itinérance. 

 

 

Nous continuons notre route sur le plateau, on se fait une belle frayeur lorsqu’un mini-van crève juste devant nous. Les morceaux du pneu éclaté giclent et s’éparpillent sur la route. Heureusement, on les évite de peu.

 

Nous roulons entre plantations de café, de manioc, et d’hévéa jusqu’à Tad Lo, petit village au bord de la rivière Tat Lo où il y a de belles chutes. On s’y baigne, enfin surtout Lohan qui y plonge tout habillé. Au même moment, un éléphant prend son bain quelques mètres plus haut. Malheureusement, il n’est pas sauvage. C’est vrai que l’endroit est aussi connu pour ces pachydermes, mais nous ne pensions pas pouvoir les côtoyer sans avoir à payer une entrée, et ça nous surprend un peu de voir cet éléphant de si près. Les enfants pourront donc s’en approcher et en toucher un alors qu’il est en train de manger de la canne à sucre, un moment très impressionnant. Mais lorsqu’on les voit se balancer d’avant en arrière on comprend vite qu’ici n’est pas mieux qu’ailleurs en terme de respect de l’animal et qu’après le bain libre dans la rivière et le repas, libre lui aussi, ils sont vite enchainés dans leur parc. C’est donc contrariés et tristes que nous redescendons jusqu’à notre bungalow qui donne sur la Tat Lo. 

 

Le soir venant, l’atmosphère est emplie de douceur et nous réconforte. On apprécie le calme de l’endroit. Nous assistons à la vie quotidienne des gens d’ici, là où la rivière joue un rôle différent: elle rassemble les femmes pour une lessive, les familles pour faire la vaisselle, et certains s’isolent, ou pas, pour un brin de toilette.

 

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