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Laos

 

Un beau matin, à Tad Lo, après seulement 50 mètres de route, on aperçoit des cyclotouristes. Plus on s’approche mieux on se rend compte que ce sont des cyclos sur un Pino! 

Ils s’appellent Emilie et Alexis, sont Lillois et sont partis livrer une cargaison de lunettes au Cambodge - One bike for two, des lunettes pour tous - un beau voyage pour un beau projet. 

On avait prévu un stop petit déj rapide afin de partir avant les grosses chaleurs, mais on va papoter un long moment… ben oui, c’est pas tous les jours qu’on peut parler cassette, chaîne, pneus, portes-gourdes et état des routes! Et tout ça en français en plus! ;)

On va ensuite nous organiser pour faire un bout de chemin ensemble. 

Nous voilà donc partis pour une longue et pénible montée à souvent pousser nos vélos (merci Emilie pour le coup de main) on ira voir les chutes de Tadsoung que nous pensions être impressionnantes. Mais je n’ai pas pensé demander des info aux gens de Tad Lo avant de nous lancer et malheureusement elles sont asséchées! On ne verra que la falaises d’où tombe un petit filet d’eau. On ne peut qu’imaginer à quel point elle doivent être magnifiques en pleine saison des pluies.

Quelques kilomètres plus loin se trouve un arbre millénaire ou « millionnaire » comme dirait Lohan. Ce n’est pas faux finalement, cet arbre doit avoir des millions d’histoires à nous raconter. Notre sympathique convois en prend donc la direction et amuse les enfants des maisons devant lesquelles nous passons. 

C’est un très bel endroit. Après la sécheresse et la chaleur des collines cultivées, nous entrons dans une forêt qui tout de suite amène une impression de calme et de sérénité. Ces arbres gigantesques sont les témoins silencieux du passé, se dressent vers le ciel et de leurs énormes racines s’ancrent dans la Terre

A peine sommes nous arrivés qu’une ribambelles d’enfants nous rejoignent. D’abord un peu timides, puis très curieux ils s’approchent pour voir d’un peu plus près le campement que nous venons d’installer auprès de l’arbre millénaire.

Ils commencent à casser et manger les noix d’un arbres puis nous montrent comment faire. C’est un joli moment d’échange, ils rient beaucoup en nous voyant tous les 6 faire comme eux. Ils restent jusqu’à la nuit tombée jusqu’à ce que leurs parents viennent les rechercher. 

De notre côté, on se met à cuisiner, Patrice a fait un petit feu de camp pour amuser Lohan et Elissa qui adorent ça, et on profite de la lueur qu’il amène car la pénombre arrive vite.

La nuit fut un peu mouvementée, non pas à cause des nouveaux matelas - qui d’ailleurs sont hyper confortables et pratiques à gonfler! Trop top! - mais à cause des termites qui font du bruit juste sous notre tente. Je suis inquiète, j’ai bien peur qu’elle nous grignotent le empreinte. Alors je me lève et je vais voir ce qui se passe. Et en soulevant un coin de la tente j’en vois des dizaines et j’ai l’impression de les voir gratter la bâche. Ça ne me rassure pas trop cette histoire. Finalement, au petit matin, pas de dégâts sur la toile, juste des poches sous mes yeux…

Après avoir refait le monde du voyage à vélo autour du petit déj avec Emilie et Alexis, on part tous en direction de la plantation de café organique de Mr Vieng - Katu Plantation. 

C’est sympa, on apprend plein de chose sur le café mais pas que. L’occasion de voir de près les nids de fourmis rouges dans les arbres, paraît qu’elles goûtent le citron (on n’a pas essayé), de découvrir que les fleurs de caféier se boivent en tisane mais se fument aussi avec un léger effet comment dire… Marijuana-like (on n’a pas essayé non plus) et tout le manioc cultivé sur le plateau part en Thaïlande pour l’agroalimentaire mais pas seulement ils en font aussi des carburants. 

Après cette jolie visite, nous reprenons la route tous les 6 sur nos 3 vélos, c’est un charmant convois qui s’en va prendre les pistes du plateau des Bolovens! Des pistes à rendre jaloux le Paris-Dakar. 

C’est rouge de poussière que nous planterons nos tentes à côté d’une école. L’endroit est très agréable, nous pouvons profiter des tables et bancs sous les arbres devant l’école et nous avons de l’eau à notre disposition ce qui est bienvenu pour un brin de toilette - un seau de 15 litres d’eau nous suffit pour nous 6! On monte le campement sous les yeux des enfants curieux de voir ce qui se trame devant leur école.

On cuisine notre souper, du riz agrémenté des légumes de midi qui étaient servis avec la soupe de nouilles et que nous avons mis de côté en vue du souper du soir. Le tout accompagner d’oeufs brouillés.

Le lendemain après une courte nuit bien trop bruyante, c’est reparti pour une journée piste. On est impressionné comme si peu de monde, perdu au milieu de nul part, peut faire autant de bruit en continu! Etonnant! Mais autant dire que les poches sous les yeux deviennent des bassines…

 

Il fait chaud sur les pistes ocres du Laos. On emprunte parfois des chemins qui passent dans les plantions d’hévéas. On roule tantôt à gauche tantôt à droite, zigzaguant entre les ornières, la tôle ondulée, les trous, cherchant le meilleur passage pour nos 2 roues. 

Le lendemain, on se lève aux aurores pour espérer faire un peu d’avance avant de suffoquer sous les grosses chaleurs, 65 km nous attendent pour rejoindre Pakse. Nos routes se séparent, non sens un petit pincement au coeur, Emilie et Alexis s’en vont dans la direction opposée. C’était vraiment chouette de faire un bout de route ensemble, de pouvoir échanger nos moments forts du voyage, nos galères, nos coups de coeur. On espère les revoir un jour, peut-être en Suisse, peut-être en France, peut-être ailleurs…

 

C’est donc top départ pour Pakse. Le première heure on avance bien, lorsque soudain… tadam… le vent se lève et évidemment c’est un vent de face, ahhh fichu vent de face! Là, ça devient clairement pénible. On fait notre maximum jusqu’à midi puis on s’arrête pour manger et faire l’école. On repart à 14h30. C’est un peu tôt par rapport à la chaleur, ça tape encore beaucoup trop, mais il nous reste 25 kilomètres et le vent souffle toujours aussi fort. Les pauses fruits frais s'enchainent et nous donnent un peu de courage pour continuer. Ces 25 kil seront terribles, entre chaleur et vent en rafale, c’est lessivés que nous arrivons à Pakse.

 

A part ça, on n’a toujours pas résolu notre problème de batterie d’ordinateur. Et on court toujours après un moyen de brancher nos appareils photos à notre ordi tout en le laissant lui-même branché sur le secteur, car le multiport ne permet pas la recharge… y en a marre… et ce n’est pas parti pour s’arranger rapidement…

On quitte donc Pakse sans avoir trouvé de solution pour notre ordinateur, avec en perspective une route monotone mais en bon état et avec étonnamment peu de trafic en direction de la Thaïlande…

 

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